Equipés d’outils digitaux et ouverts au partage de leur données, les agriculteurs évoluent dans leur comportement en matière d’agriculture numérique. C’est ce qui ressort de l’étude menée cet automne par Smag et BVA. Pour les distributeurs, la prise en compte de ces nouveaux usages est clé pour améliorer leur connaissance client.

Levier de la transition agroécologique, l’agriculture numérique gagne du terrain dans les habitudes des exploitants français. L’étude en ligne menée à l’automne par Smag en partenariat avec BVA se penche sur ce sujet. Plus de la moitié des agriculteurs interrogés utilise un outil de gestion parcellaire (55%). La part est encore plus forte chez les exploitants de grandes cultures (62%) et les jeunes agriculteurs (61%).

Prêts à partager leurs datas agricoles

En plus de bien s’équiper en matière d’agriculture numérique, les agriculteurs utilisent régulièrement ces outils. 51% d’entre utilisent leur logiciel de gestion parcellaire au moins une fois par semaine et 32% quelques fois par mois. Les agriculteurs voient plusieurs avantages à utiliser des logiciels de gestion parcellaire. S’ils leur permettent en priorité de rester dans les clous réglementaires, ils représentent aussi un moyen de conserver leur historique de parcelle pour 87% des sondés.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les agriculteurs acceptent volontiers de partager leurs données agricoles. 88 % indiquent être disposés à le faire d’après l’étude. Ils y voient des intérêts multiples. Les deux-tiers se disent prêts à communiquer ces informations à leur conseiller pour qu’il les aide dans leurs décisions pratiques. 61% sont aussi disposé à les diffuser à leur TC pour que ce dernier leur fasse bénéficier d’offres intéressantes.

Agriculture numérique - étude Smag/BVA - Audanis

Source : étude Smag/BVA

La connaissance client à la clé pour les distributeurs

Les distributeurs pourraient donc disposer d’une connaissance client optimale. Les agriculteurs s’équipent d’outils de suivi parcellaire et veulent partager les données qui en proviennent, s’ils en dégagent un bénéfice. « A ce jour, les OS connaissent trop peu le parcellaire de leurs agriculteurs. Audanis a conduit en 2020 une étude auprès d’une vingtaine de distributeurs sur le sujet. Il en ressortait que seules 7% des parcelles étaient suivies chaque année, indique Guillaume Nanot, directeur général du cabinet Audanis. Or, avec la diversification des assolements qui s’opèrent, cette connaissance s’avère primordiale pour accompagner au mieux les agriculteurs non seulement au niveau parcellaire mais aussi intra-parcellaire. Il semble difficilement concevable de maintenir un statu quo où les agriculteurs seraient en capacité de gérer leurs semis et traitements sur la base d’une connaissance fine de leurs parcelles d’un côté, et que leurs distributeurs ne seraient pas en capacité de partager cette information pour les aider à optimiser leurs sélections de semences, d’intrants ou de leur offrir des services adaptés à leurs cultures. »

Une relation renforcée avec le conseiller

Utiliser davantage d’outils digitaux n’implique pas nécessairement une perte de contact humain, au contraire. Six agriculteurs sur 10 envisagent de renforcer leur relation avec leur conseiller ou technicien. Cette part augmente pour les utilisateurs de logiciel de gestion parcellaire et les exploitants en grandes cultures. « C’est là tout l’enjeu d’une bonne stratégie omnicanale. Les outils digitaux ne viennent pas remplacer le TC. Ils augmentent la proximité et la pertinence de l’accompagnement, insiste Guillaume Nanot. La relation entre l’agriculteur et son conseiller évolue. Ce dernier délègue une partie de ses missions aux outils numériques. Il se dégage du temps pour exercer des tâches à plus forte valeur ajoutée pour l’agriculteur. »

Agriculture numérique - étude Smag/BVA - Audanis

Source : étude Smag/BVA